Ecrivains arabes d'expression française

Malek Haddad

Malek Haddad est né le 5 juillet 1927 à Constantine. Comme la plupart des écrivains algériens, il est un écrivains voyageur ou « errant » pour reprendre l’expression de Kateb Yacine. Il visite Paris, le Caire, Lausanne, Tunis, Moscou, New-Delhi, autant d’escales que de repères dans le parcours de cet écrivain qui s’est d’abord révélé poète.

      Il entame des études de droit à Aix-En-Provence en 1954 après un bref passage dans l’enseignement. Il abandonne ses études de droit pour écrire et pour collaborer à plusieurs revues. Conférencier et diplomate, il effectue différentes missions au nom du FLN pour porter dans différents pays la voix de l’Algérie combattante.

      Pendant la Guerre de Libération, Malek Haddad collabore à plusieurs revues parmi lesquelles Entretiens, Progrès, Confluents, et d’autres. Il travaille à la radiodiffusion française et écrit des romans entre 1958 et 1961. Après 1962 il s'installe à Constantine.

      Après 1962, il collabore à la création de la presse nationale, fait partie du comité de rédaction de Novembre et animera à Constantine, la page culturelle d’An-Nasr (1965-1968). Mettant fin à ses ambitions littéraires et rompant ses liens avec le Français, cette langue qui a été son arme et sa voix mais surtout sa douleur, son exil, il s’engage dans la politique et assume plusieurs postes de responsabilité. Il a été directeur de la culture au ministère de l’Information et de la Culture (1968-1972), Secrétaire général de l’Union des Ecrivains Algériens, conseiller technique chargé des études et recherches dans la production culturelle en français (1972). Il meurt à Alger le 2 juin 1978.

      Malek Haddad décède des suites d'un cancer le 2 juin 1978 à Alger. Le Palais de la Culture de Constantine porte aujourd'hui le nom de Malek Haddad. Quoique traduit dans quatorze langues, Malek Haddad demeure relativement peu connu.

 

Le choix de la langue chez Malek Haddad :

 

       Contrairement à Kateb Yacine qui conçoit la langue française comme «un butin de guerre», qu’il faut conserver et exploiter, Malek Haddad souligne que cette langue n’est qu’un moyen d’expression : «nous écrivons le français, nous n’écrivons pas en français».

Il vit la langue française à l’école, comme un exil, plus fort que l’exil : « L’école coloniale colonise l’âme. Chez nous, c’est vrai, chaque fois qu’on a fait un bachelier, on a fait un Français ». « Il y a toujours eu une école entre mon passé et moi ». « Je suis moins séparé de ma patrie par la Méditerranée que par la langue française ».

Mais peut-on jamais échapper à sa vocation, au besoin d’écrire? Et Malek Haddad reprendra son stylo et, faute de pouvoir se mettre dans sa langue à comme Tahar Ouettar il continuera à écrire en français... Comment, en effet, résister à tel chant de sirène ?

 

Bibliographie:

 

  • Le Malheur en danger, La Nef de Paris, 1956
  • La Dernière impression, Julliard, 1958
  • Je t’offrirai une gazelle, Julliard, 1959.
  • L’Élève et la leçon, Julliard, 1960
  • Le Quai aux Fleurs ne répond plus, Julliard 1961
  • Les Zéros tournent en rond, Maspéro, 1961
  • Écoute et je t’appelle, Maspéro, 1961
  • Si Constantine m'était contée ... série d'articles parus dans le journal An Nasr entre le 4 et le 14 janvier 1966.
  • Algériennes, (album de photographies), Alger, Ministère de l’Information, 1967.

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Salah Stétié

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Article ajouté le 2007-03-14 , consulté 76 fois

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