Cher lecteur,
La langue de Voltaire, si ouverte et si généreuse, a permis à tant d’écrivains venus d’ailleurs de dire ce qu’ils sont et ce qu’ils sentent, sans tabou, sans contrainte. Elle les a accueillis en libératrice et les a délivrés de ce qu’ils ont tant rejeté, à savoir le sectarisme. Cette langue si douce et si « compréhensive » (j’allais dire à la manière des français les plus ouverts qui luttent chaque jour pour que cette grande patrie qu’est la France soit une patrie d’ouverture, de dialogue, de métissage et d’échange fructueux), cette langue a permis à des milliers d’écrivains de bâtir la francophonie de la manière la plus libre et la plus ouverte en leur donnant la possibilité de porter, chacun et chacune une partie de soi. Ces écrivains, de leur côté, n’ont pas hésité une seconde à s’approprier cette langue, à la prendre pour amante, pour mère, plus encore, pour patrie. Même les écrivains les plus réservés, ceux qui ont considéré la langue française comme un butin de guerre (je pense à Kateb Yacine parmi d’autres) n’ont pas résisté à son charme.
Personnellement, depuis quelques dizaines d’années, la littérature francophone est devenue ma patrie culturelle. C’est à elle seule que mon âme trouve un plaisir singulier. Je ne cache pas que la poésie arabe me fait vibrer et porte mon âme, à chaque fois que je l’entends, non deux cents ans avant comme disait G. de Nerval, mais bien plus. Elle me donne la nostalgie de cette période de gloire où les arabes ont été l’exemple et la référence et où ils ont « fécondé l’Europe » pour reprendre l’expression du grand poète Salah Stétié. Toutefois, des poètes comme ce dernier justement ont libéré la poésie arabe de ce patriotisme étouffant. Ce dépassement de soi dans la poésie arabe d’expression française m’a permis de mieux l’apprécier. En lisant Salah Stétié, on est à la fois proche des poètes arabes les plus audacieux comme Abou Nawas, les plus amoureux comme Nizar Kabbani, des poètes africains les plus ouverts comme Léopold-Sédar Senghor, des poètes chinois les plus amoureux de la langue française comme François Cheng que des poètes français les plus immortels, et là, la liste est langue.
Si mon amour pour la littérature française est grand, mes études sur la poésie arabe francophone et en particulier celle de Salah Stétié m’a permis de concilier les deux cultures. L’idée de créer un blog de la littérature arabe d’expression française est donc née. Je veux faciliter l’accès aux écrivains arabes francophones pour tous ceux qui veulent découvrir ce trésor.
Mon objectif étant de donner un aperçu de la vie et de l’œuvre du maximum possible des auteurs, c’est pour cela que je me suis limité à un aperçu biographique et bibliographique. D’autre part, vous savez, cher lecteur, que les gérants du blog ne permettent pas un grand espace de stockage.
Pour finir, je dois dire que si les articles sont personnels, les biographies et bibliographies ne sont pas inventées. Je me suis permis de « copier » les informations là où elles se trouvaient : sur internet, dans les dictionnaires et partout ailleurs. Mon seul but est d’échanger mes connaissances et de vous faire profiter de cette « toile d’araignée » qu’est l’internet.